Quelle stratégie immobilière face à la crise ?
Les banquiers et investisseurs s’interrogent et espèrent que 2009 sera une année de transition et 2010 de redémarrage de l’immobilier.
COMME chaque année, le salon de l’immobilier d’entreprise (SIMI) s’est tenu du 3 au 5 décembre dernier à Paris, au Palais des Congrès. En parallèle avec les nombreux exposants aux réalisations exemplaires, des cycles de conférences ont dressé le panorama d’une profession en pleine mutation. Témoignage de la morosité ambiante et du climat d’incertitude, l’affluence à la conférence-débat intitulée « Marché immobilier, marché financier : quelle tempête et quelles stratégies ? » fut très importante.
Animée par Guy Marty, directeur général de l’IEIF (Institut de l’Épargne Immobilière et Foncière), ce débat regroupait les dirigeants pour la France de quatre acteurs majeurs de l’investissement immobilier européen: Michel Delmond, directeur général de la banque allemande HSC Nordbank, Lahlou Khelifi, associé gérant de la banque Lazard Frères, Marc Leborgne, senior director de European Real Estate Equity RBS (Royal Bank of Scotland), et François Tausch, président de GE (General Electric) Real Estate France.
OU EN SOMMES-NOUS DE LA CRISE ?
Guy Marty lance le débat par une première question : « Où en sommes-nous de la crise ? », à laquelle la réponse fut unanime : contrairement à ce que les acteurs financiers pensaient début septembre, nous sommes actuellement en pleine tempête. Les marchés financiers sont bloqués depuis 3 mois avec des gestionnaires d’actifs tétanisés, la méfiance entre banques reste très importante et les empêche de se refinancer, et le renforcement de leurs règles prudentielles les contraint à augmenter leurs capitaux propres, ce qui restreint leurs possibilités d’accorder des crédits. Pour mieux illustrer leurs impressions, certains évoquent les règles de navigation par courants et vent contraires ou pendant les tempêtes, et d’autres font allusion au célèbre film américain « The perfect storm », ou empruntent les symboles bibliques du « Déluge » et de « L’arche de Noé ».
COMMENT SERA L’ANNEE 2009 ?
« Comment voyez-vous l’année 2009, voire la suivante ? » poursuit Guy Marty. Aucun orateur ne semble optimiste pour le marché de l’immobilier dans les 12 prochains mois. Si la crise immobilière américaine est à l’origine de la crise financière, leur contagion conjointe à la sphère économique ralentit plus encore le redémarrage de l’immobilier. Comme témoignage de leur désarroi, tous espèrent que 2009 sera une année de transition, mais aucun n’est prêt à l’affirmer. Pour Michel Delmond « la récente baisse des taux de la BCE, même de 75 points de base, n’aura aucune incidence sur l’immobilier ». Pour Guy Marty, « le ralentissement de la vitesse de circulation de la monnaie est un signe manifeste de désendettement, mais en même temps un facteur aggravant de récession économique ». À l’évidence, nous n’avons pas atteint le fond et le pire serait devant nous. Lahlou Khelifi rappelle cependant que « les chiffres ne disent rien, ce qui compte c’est le comportement des acteurs, qui est essentiellement de nature psychologique ». Il est certain que le marché va redémarrer, mais quand le déclic collectif se produira-t-il ? Personne ne sait, sauf peut-être François Tausch qui espère un redémarrage à la fin 2010.
QUELLE STRATEGIE FAUDRAIT-IL ADOPTER ?
« Dans ces conditions, quelle est votre stratégie ? » demande alors Guy Marty. Marc Leborgne explique que les banques font face à deux difficultés sur le marché de l’immobilier, la première étant la raréfaction des liquidités, et la seconde liée au fait que la durée des prêts immobiliers (à long terme) ne coïncide pas avec les emprunts bancaires pour les couvrir (à court terme), d’où des problèmes de refinancement malgré l’aide des états. Chacun pense donc en priorité à la réduction de son bilan et à la préservation de ses actifs financiers, ce qui induit une réduction des investissements, un arrêt des acquisitions, des économies sur les frais de fonctionnement, et des licenciements.
« Quels conseils donneriez-vous à la salle ? » demande finalement Guy Marty aux participants. Lahlou Khelifi, qui affiche son optimisme en pensant au redémarrage, conseille de profiter de cette crise pour « améliorer son professionnalisme et se préparer à vivre dans un environnement futur au caractère changeant ». Pour Michel Delmond, et Marc Leborgne, il faut « anticiper les refinancements et ne pas hésiter à rencontrer ses banquiers » pour en parler. Quant à Francois Tausch, il est certain que cette crise annonce un changement dans le comportement futur des acteurs, qui exigeront bientôt un saut qualitatif de la part des promoteurs et investisseurs. L’avenir de la profession appartient donc à ceux qui auront su « anticiper ce sursaut qualitatif » et proposer rapidement des produits de meilleure qualité.
(La source : la grande époque
Écrit par Hanna L. Szmytko)
Etats-Unis: l'évolution du PIB et du marché immobilier montre l'ampleur de la crise
Avec une baisse de 0,5%, c'est la plus forte baisse du PIB depuis 2001 que vient de confirmer ce mardi le département du Commerce américain, même si elle était attendue. Les ventes de logements neufs sont tombées un niveau jamais atteint depuis 1991 et plus bas que ce qui était attendu par les analystes. En revanche l'indice de confiance des consommateurs de l'université de Michigan s'améliore.
Les indices américains, publié ce mardi 23 décembre 08, concernant le PIB et les ventes de logements, montrent l'ampleur de la crise outre-Atlantique. Seule note optimiste, l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'université du Michigan reprend un peu de couleur. Le chiffre définitif concernant le produit intérieur brut, publié ce mardi par le département du Commerce américain, est conforme à sa précédente estimation. Il ressort en effet au troisième trimestre en repli de 0,5% (en rythme annuel ) sur un an. Un chiffre également conforme aux attentes des analystes. "La plupart des composants principaux du PIB ont contribué au recul de la croissance au troisième trimestre", écrit le ministère dans un communiqué. Et d'ajouter qu'il s'agit de la plus forte contraction du PIB depuis le troisième trimestre 2001, période post-attentats du 11 septembre.
Ce dernier a revu en hausse de 0,1 point le recul des dépenses de consommation des ménages; lesquelles ont reculé de 3,8% en rythme annuel au troisième trimestre, faisant perdre 2,75 points (au lieu des 2,69 estimés précédemment) de croissance à la première économie mondiale. C'est leur plus fort recul depuis le deuxième trimestre de 1980. Ces dépenses assurent en temps normal près de 70% de la croissance de l'économie américaine.
La baisse découle d'une chute des achats de biens durables de 14,8%, (un peu moins forte que dans l'estimation précédente), et d'un recul un peu plus marqué des achats de biens non durables (-7,1%), qui ont enregistré leur baisse la plus forte depuis 1950. Première baisse depuis fin 2006, les dépenses d'investissements hors logement ont reculé plus lourdement que prévu: de 1,7% au lieu de 1,5%.Le commerce extérieur n'a pour sa part rapporté que 1,05 point de croissance (et non 1,07 point comme estimé précédemment) et la hausse des exportations a été revue à 3,0% (contre 3,4%) et le recul des importations s'est établi à 3,5% (au lieu de 3,2%). Le ministère a également revu en baisse de 1,6 point le plongeon des investissements privés dans le logement, à 16,0%. Ces investissements qui baissent depuis le début de l'année 2006, ont fait perdre 0,6 point de croissance aux Etats-Unis au troisième trimestre.
Deuxième indice attendu ce mardi, le marché de l'immobilier. Les ventes de logements neufs ont ralenti en novembre aux Etats-Unis, à des niveaux que l'on n'avait plus vus depuis 1991, suivant les statistiques publiées mardi par le département du Commerce. Le volume annuel corrigé des variations saisonnières de 407.000 logements est en baisse de 2,9% sur octobre et est le plus bas depuis janvier 1991. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient un volume de 420.000 après 419.000 (433.000 en première estimation) en octobre. Le prix de vente médian a augmenté à 220.400 dollars contre 214.600 dollars en octobre. La moitié des maisons vendues l'ont été au-dessus de ce prix et la moitié au-dessous.
Le chiffre des ventes d'octobre a en outre été revu à la baisse, à 4,91 millions d'unités (en rythme annuel) contre 4,98 millions précédemment annoncés. Sur un an, les ventes ont fortement accéléré leur recul, avec une baisse de 10,6% par rapport à novembre 2007. Le prix médian des transactions a continué sa chute, reculant cette fois de 13,2% sur un an, pour tomber à 181.300 dollars. Du côté des stocks, le nombre de logements anciens disponibles sur le marché a augmenté de 0,1% à 4,20 millions. Etant donné la baisse des ventes, cela représente 11,2 mois de commercialisation au rythme des ventes de novembre, contre 10,3 mois en octobre.
Les reventes de logements anciens aux Etats-Unis ont très fortement baissé en novembre, reculant de 8,6% par rapport à octobre, pour s'établir à 4,49 millions (en rythme annuel), a indiqué lundi l'Association nationale des agents immobiliers. Les analystes tablaient sur un nombre de transactions bien plus élevé, à 4,93 millions. Le chiffre des ventes de octobre a en outre été revu à la baisse, à 4,91 millions d'unités (en rythme annuel) contre 4,98 millions précédemment annoncés. Les analystes tablaient sur un nombre de transactions bien plus élevé, à 4,93 millions. Le chiffre des ventes de octobre a en outre été revu à la baisse, à 4,91 millions d'unités (en rythme annuel) contre 4,98 millions précédemment annoncés.
Seule bonne nouvelle de cette journée des indices bien grise, l’indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan a progressé en décembre pour s'établir à 60,1 points, contre 55,3 points en novembre, selon les chiffres définitifs publiés mardi. Ce chiffre est supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur 58,6 points, ainsi qu'à l'estimation initiale de 59,1 points publiée le 12 décembre.
(Source : la tribune.fr)
L'immobilier encore difficile à se réchauffer en 2009
Hanoi, 26 décembre (AVI) - Pour les experts de l'immobilier, réguler les relations entre le marché financier et ce dernier est crucial pour diminuer ses répercussions sur l'économie nationale et la vie de sa population.
Lors d'un séminaire, organisé vendredi à Hanoi, ces experts ont estimé qu'e n 2008, le marché immobilier était dans une phase de gel malgré une forte baisse des prix des logements et terrains, de l'ordre de 20 à 50%. Les causes sont multiples : terrains surévalués, bourse des valeurs en pente rapide, rigueur soutenue des banques dans l'octroi de crédits immobiliers.
Selon Dang Hung Vo, expert foncier et ancien vice-ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement, une difficulté réelle se pose aux investisseurs immobiliers : les échéances de leurs prêts approchent alors que les prix de l'immobilier ont baissé.
Il a même prévu un cercle vicieux avec la vente des immeubles auparavant hypothéqués au cas d'une insolvabilité des emprunteurs, donc l'augmentation de l'offre qui entraîne la baisse du prix.
Le défi pour 2009 sera de régler le sort des arriérés, de réajuster le niveau de prix plus selon la situation socioéconomique du Vietnam, a-t-il affirmé.
L'Association de l'immobilier du Vietnam vient de soumettre au Premier ministre un groupe de mesures pour pallier aux problèmes de l'immobilier domestique.
La décision du gouvernement d'investir 2.500 milliards de dongs dans le développement de logements sociaux en 2009 et la politique d'assistance maximale dans le logement pour les ouvriers adoptée par Hô Chi Minh-Ville contribueront de manière importante au règlement des difficultés financières du marché immobilier, réduisant ainsi ses retombées sur une partie de la population vivant d'un faible revenu.
Quoi que ce soit, les experts étrangers s'avèrent encore optimistes de ce marché au Vietnam, assuré selon eux par une stabilité politique, une population importante et jeune ayant une forte demande en logements, une croissance spectaculaire des investissements étrangers, une grande vitesse d'urbanisation et un niveau de vie chaque jour amélioré. – AVI
(La source : Agence Vietnamienne d'Information (AVI))